L'ANALYSE,
" EXERCICE DE L'IMPASSE " ?
- Grandeur et misère d'une cure -
Louise
A. Demers, m.d.
|
Dans
"Analyse terminée, Analyse interminable",
fort de toute son expérience, Freud déclare
avec pessimisme que l'analyse, comme l'art
d'éduquer et de gouverner les hommes, est un
métier impossible; c'est-à-dire où l'on peut
d'avance être sûr d'échouer. Freud assimile
ainsi la psychanalyse à un "exercice de
l'impasse ", selon la belle formule de
Georges Bataille. De plus, l'expérience
analytique révèle des résistances à la
guérison, insurmontables. Devant la
supériorité de l'inertie psychique, de la non
"détachabilité" de l'investissement
libidinal narcissique à un objet, de
l'attachement à la maladie et aux souffrances
soit par culpabilité et besoin d'auto-punition
masochiste, soit à cause d'une réaction
thérapeutique négative qui relève des pulsions
de mort, l'analyste peut simplement s'incliner et
avouer son échec. À l'instar de Freud, l'humour
cynique a inspiré à Cioran une maxime
pessimiste qui s'adresse aux entreprises
censément les plus sérieuses, parmi lesquelles
peut bien figurer la cure analytique. Sa maxime
-"Nous bricolons dans l'incurable"-
fait écho aux paroles de l'Ecclésiaste:
"J'ai appliqué mon coeur à connaître la
sottise et la folie; j'ai compris que cela aussi
c'est la poursuite du vent. Car avec beaucoup de
sagesse on a beaucoup de chagrin et celui qui
augmente sa science accroît sa douleur".
Christian David
écrit: "...qu'une telle sentence ne peut
laisser indifférents les psychanalystes, puisque
l'invention elle-même de la thérapeutique
psychanalytique comme son développement
ultérieur ont procédé de la présomption et de
la vérification de la thèse opposée: qui
accroît sa science atténue sa douleur voire
s'en libère".
Ces propos semblent
vouloir faire porter l'échec de la cure
analytique sur des caractéristiques relevant du
narcissisme de mort de l'analysant, le rendant
candidat presque assuré à une réaction
thérapeutique négative. Dans cette conjoncture,
l'analysant devient une indication discutable
parce qu'on l'inscrit dans une logique du
désespoir, devant un psychanalyste qui, lui,
professe un optimisme de principe, une logique de
l'espoir, quant à l'efficacité de la cure
psychanalytique.
Il est peu fréquent
d'entendre un psychanalyste discuter de sa
vulnérabilité face aux manifestations variées
du narcissisme de mort en fréquente association
avec le masochisme moral. On sait pourtant que ce
masochisme et ce narcissisme létaux s'attaquent
en particulier à la composante positive de tout
idéal et de l'idéal spécifique du
psychanalyste, allant jusqu'à précipiter
quelquefois un effondrement de son idéal du moi
professionnel. C'est sans doute ce qui explique
notre réticence à publier les cures
malheureuses et notre habitude à faire plutôt
paraître les cures heureuses, les notoires
"happy ends". Certes s'agit-il de cas,
parmi les plus ardus, c'est alors que nous
mettons trop facilement l'accent sur les impasses
dont il nous semble d'autant plus méritoire et
valorisant d'être sortis victorieux.
C'est dire que des
cures malheureuses, des échecs de notre
pratique, nous en discutons rarement; sans doute
parce que la violence et la soudaineté du
départ de l'analysant, des ruptures quelquefois
prévisibles, le plus souvent imprévues, nous
imposent, en plus de la blessure narcissique, un
long et pénible travail de deuil. Travail qui
porte sur la mortification -au plein sens du
terme- de notre désir et de notre projet
d'analyser, de jouer par la compréhension un
rôle de mobilisation, d'être entendus, de
soulager, d'être appréciés, etc. De surcroît,
ce travail nous oblige à témoigner et à
éprouver de nouveau le malaise
contretransférentiel, sourd, variable,
discontinu, qui a suscité des préoccupations
parfois lancinantes provoquées par la
stimulation répétée de notre agressivité, de
notre haine, voire de notre pulsion destructrice.
C'est alors que nous
avons cherché appui et abri dans les textes de
Winnicott, qui sont les plus cités dans ces
cures: il s'agit du texte de 1947 - La haine
dans le contretransfert - et de celui de 1960
- Le contretransfert -. Cet auteur nous
fait prendre conscience que le patient cherche
notre hostilité et qu'il faut la considérer
comme utile au développement de la cure. On
arrive à penser qu'en l'absence de notre
contretransfert négatif, ou du moins dans la
suspension de son expression, nous risquons
d'être vécus comme inconsistants, avec la
conséquence d'un renforcement chez le patient,
de sa conviction que tout amour demeure à jamais
hors de sa portée.
Winnicott est un des
seuls auteurs qui n'attribuent pas le
déraillement d'une cure à la non analysibilité
du patient, en fait il verse dans le sens
contraire en disant que toute analyse ratée est
un ratage non du patient mais de l'analyste.
D'autres auteurs, tels que Searles et Herbert
Rosenfield, ont une opinion un peu plus nuancée.
Ils insistent davantage sur la dynamique
transférentielle spécifique du couple
analysant-analyste. Cette dynamique, affectée
par l'effet corrodant des aspects haineux et
destructeurs du narcissisme de mort de
l'analysant, conduit l'analyste à des
contre-attitudes tout aussi négatives vécues
dans un climat d'impuissance.
À travers la cure
de Léo, mon intention et de départager, tant du
côté de l'analysant que du côté de
l'analyste, les facteurs qui ont contribué à la
rupture de ce processus analytique. Quelques
années se sont écoulées depuis l'interruption
de cette cure; ce colloque sur le thème de
"la cure infernale" me donne l'occasion
d'y repenser. Cette cure m'a bel et bien fait
franchir quatre des cinq fleuves des Enfers dont
les noms indiquent quels tourments attendent les
condamnés: le Styx (horreur), l'Achéron
(douleur), le Phlégéton (brûlure), le Cocyte
(lamentation). Le seul dont j'ai été
épargnée, c'est Léthé, celui qui condamne à
l'oubli. L'écriture de ce texte est un exercice
de recontextualisation, c'est un
"après-coup", qui me permet de
perlaborer la cure que Léo a choisi
d'interrompre.
-
Extraits choisis de la cure de Léo -
Il s'agit d'un homme
qui fait une demande d'analyse lorsqu'il est dans
la quarantaine. D'emblée, il fonde très peu
d'espoir dans cette forme de thérapie, il est
sceptique quant aux bénéfices, qui plus est, il
s'estime trop vieux pour changer. D'une
psychothérapie d'orientation analytique
entreprise il y a une vingtaine d,années, suite
à l'échec d'un mariage de courte durée et de
la rupture d'avec son épouse, il dit n'avoir que
peu de souvenirs. Même si je ne lui ai pas posé
de questions au sujet de cette thérapie, il
insiste qu'il ne dévoilera pas le nom du
thérapeute. Le secret est justifié par une
sentence énigmatique: "...c'est tout ce
qu'il me reste de cette relation-là, de ce
temps-là".
Quant à son
histoire personnelle, je retiens de ses propos
une petite enfance avec un père décrit comme
"un homme du dois-faire", strict,
sévère et de peu de mots, le plus souvent
absent, au travail. Quant à sa mère, sa
caractéristique principale était, selon lui,
d'être "endormie". J'entends que la
mère de Léo avait sans doute une forte
composante dépressive contre laquelle il
s'était défendu en exerçant toute la liberté
que sa motricité et le développement précoce
du langage lui ont permis. Il garde un souvenir
impérissable de ses errances sans entraves dans
le quartier, de même que de ses bavardages avec
les boutiquiers. Si cette autonomie lui était
impossible, pour passer le temps avant qu'elle ne
se réveille, il me raconte qu'il mordait les
plantes caoutchoucs que sa mère affectionnait.
C'était sa manière d'exercer contrôle et
violence enfantines afin de contrer le malaise
que lui imposait l'état dépressif de sa mère.
La maison familiale
était située en face de l'église, quasi
adossée contre les murs de la prison et non loin
de l'école et du collège des religieux. Je me
suis fait la réflexion que ce n'était pas un
hasard si Léo avait choisi comme carrière
professionnelle l'étude des structures
institutionnelles et la nature particulière du
contrôle, du pouvoir et de la régulation
sociale que ces institutions exercent. De plus,
cette intense activité intellectuelle
m'apparaissait avoir peu de valeur sublimatoire
mais semblait davantage être de l'ordre d'un
contre-investissement.
Depuis quelques
années, suite à un congé de perfectionnement,
il est en panne de projets personnels et
professionnels, il a l'impression qu'il ne
désire plus rien, que sa vie est finie et que le
futur n'est qu'un désert dans lequel il faudrait
qu'il projette ses rêves. L'embêtant, c'est que
ses rêves sont usés, "...rêver, ça
pousse sur le temps vers l'avant, ça nous
empêche de tomber dedans, moi j'y suis
enlisé".
Sa demande d'analyse
se situe dans le contexte d'une rupture toute
récente d'avec un collègue, de dix ans son
junior, qui jadis avait été son élève et dont
il avait co-dirigé la thèse de doctorat. Ce
fut, selon son propre aveu, une relation
fusionnelle, un peu comme il imagine la relation
d'une mère avec sa fille. De son côté,
l'émergence d'un désir intense à l'égard de
son collègue a fait fuir celui-ci dans un état
de panique homosexuelle. Léo en parle comme
d'une relation d'amour frustré, mais aussi d'une
relation qui lui a révélé une partie
insoupçonnée de sa personnalité, celle
d'éprouver une passion amoureuse pour une
personne de son sexe. Cette passion frustrée a
fait sourdre en lui une rage, une furie, une
violence, affects qui, au moment de la
consultation, lui causaient des problèmes
psychosomatiques.
Jusqu'à cette prise
de conscience, il vivait seul avec ses deux
chats, en misant sur son travail intellectuel
puisque c'était la seule sphère d'activité qui
lui permettait d'éprouver beaucoup de succès et
de satisfaction. jusqu',à maintenant, le monde
relationnel n'avait été que source d'échecs et
de déceptions. Il s'était habitué depuis ces
dernières années à vivre avec des
interrogations sans réponses. Il s'était
accommodé tant bien que mal de sa propre
obscurité, me confiant qu'il a un certain
mépris pour lui-même et les gens qui se voient
acculés à devoir consulter un psychanalyste
pour un grand retour aux traumatismes de leur
enfance. Tout cela est dénoncé, il va sans
dire, avec sarcasme et dérision.
Suite à l'entrevue
d'évaluation, malgré un scepticisme de bon aloi
et une résistance certaine, j'estimais que la
souffrance dépressive de Léo ainsi que sa
vulnérabilité aux angoisses d'intrusion et de
séparation en faisaient une bonne indication
d'analyse. L'asthénie, la dévalorisation de
soi, le désinvestissement du monde extérieur et
un sentiment de vide formaient la constellation
d'un syndrome dépressif caractéristique de ce
qu'il est convenu d,appeler une pathologie limite
sur le versant névrotique.
Nous nous entendons,
sans trop de problèmes, sur les questions des
vacances et des honoraires et sur la fréquence
de trois séances par semaine dès que j'en aurai
la possibilité. L'analyse commence au rythme de
deux séances-semaine.
Dès la première
semaine d'analyse, Léo raconte le rêve suivant:
"...On annonce à la radio qu'un chat
meurtrier est en liberté et qu'il rôde dans la
ville. Le chat se prénomme Bolide. Je
l'aperçois de la fenêtre de ma chambre à
coucher, il est tout noir, avec ses poils
hérissés il a l'air d'être en furie et d'avoir
la rage. Sournoisement, il plonge à la gorge de
mon chat et le blesse sérieusement.
Heureusement, malgré l'attaque sanglante, mon
chat n'est pas mort. Avec son aide, j'attrape
Bolide par la queue et avec force et violence je
lui fracasse la tête contre le mur de ma
chambre".
Dans ses
associations, Léo s'identifie à Bolide en
disant qu'il y reconnaît sa partie enragée et
furieuse qui s'est révélée à lui lors de la
rupture avec son collègue. Il s'identifie
également au chat blessé mais pas tout à fait
mort. Avant la séance, il avait consulté le
dictionnaire sous l'entrée bolide: parmi les
différents sens proposés, il retient
l'expression "foncer comme un bolide",
s'appliquant à une voiture sport et la notion
qu'il peut s'agir d'un météorite, fragment de
corps céleste qui traverse l'atmosphère et qui
bombarde la terre. Aucune allusion n'est faite
par l'analysant ou par moi sur le contenu
transférentiel de ce rêve. J'ai conservé à
l'intérieur de moi l'idée que ce
bolide-météorite pourrait bien foncer, sauter
à la gorge et bombarder la terre-mère de
l'analyste et que l'enjeu final serait la mise à
mort violente de sa psychanalyse. Mais notre chat
n'était pas encore mort...!
Pendant deux ans,
l'analyse de Léo se poursuit. La première
année a surtout porté sur le contenu
d'homosexualité latente de la relation avec le
collègue et sur les effets narcissiques
dévastateurs du rejet et de sa fuite. Nous
avons, tant bien que mal, exploré, malgré la
réticence du patient, l'arrière-plan de cet
élan amoureux et ce qu'il permettait de
comprendre des relations précoces de Léo, tant
du côté maternel que paternel.
Vers la fin de la
première année, j'offre au patient la
troisième séance, telle que convenue, lors de
la prise de nos engagements respectifs. C'est
refusé sans plus et sans possibilité aucune
d'explorer le refus. À la même période, le
patient décide de prendre des vacances d'été
anticipées de deux semaines sur les miennes. En
filigrane du refus et de la séparation de sept
semaines, il exprime et ressent beaucoup de
colère à devoir s'astreindre à mon horaire, ce
qui brime son besoin impérieux de prendre de
l'air quand il le souhaite, comme dans sa toute
petite enfance. L'analyse est ressentie comme une
institution oppressive, comme une autre structure
de pouvoir et de contrôle à l'égal de la
prison, de l'église, de l'école et du collège.
Il déteste venir à ses séances et trouve que
l'analyse a un caractère sinistre, austère,
"...trop préoccupée de pénombre". Il
dort mal la veille de ses séances, ce qui
affecte sa performance au travail, fonctionnement
essentiel pour se garantir l'admiration si ce
n'est l'affection de ses collègues.
Sa doléance
principale, c'est que cette analyse est en train
de sabrer dans la fiction qu'il avait composée
au sujet de son enfance dorée et libre et il ne
supporte pas que j'y touche. Il se rappelle ce
que sa mère disait de lui enfant: "...toi,
on ne peut pas te toucher, ni te parler".
C'est tout comme si, à chacune de mes
interprétations, je mettais de l'ombre sur ses
souvenirs d'enfance. "...Depuis que j'en
parle ici, ce n'est plus ce que c'était, mes
souvenirs se sont ombragés, les images ne sont
plus ce qu'elles étaient et ne peuvent plus
servir de la même façon". Il se vivait
comme mort et son analyse comme une autopsie,
"...ici, c'est comme faire un
post-mortem...! Parler de ses souvenirs, de son
enfance, de ses traumatismes, à quoi ça sert?
De plus, j'ai l'impression qu'une fois énoncés,
mes idées, mes souvenirs, c'est comme si je les
perdais, comme si je n'avais plus rien".
Le jour de son
anniversaire de naissance, Léo téléphone sur
une impulsion et demande une séance
supplémentaire. Il raconte qu'il est né avec
des ongles trop longs et que son visage était
égratigné. "...Mes joues étaient très
griffées de telle sorte que j'ai fait peur à ma
mère, mon apparence l'a horrifiée. Je suis né
violent. Dès la pouponnière on m'a brimé en me
mettant des gants faits de compresses de gaze,
c'est l'équivalent d'être dégriffé, comme on
fait avec les chats. Dès la pouponnière
j'étais un chat sauvage, j'étais hors
norme".
Combien de fois il
me rappelait que j'avais comme patient un chat
sauvage dangereux et que je n'arrivais pas à en
faire un chat domestique. Dans le même souffle,
il me confie qu'il a la conviction que je le
trouve moche, froid, cassant, plutôt déplaisant
et surtout pas parlable. Bref, il se sent
conforme à ce que sa famille, en particulier sa
mère, pensait de lui.
Je vous relate de
mémoire le contenu d'une séance qui m'avait
particulièrement saisie. Cette reconstitution va
vous donner l'idée de ce qui se passait durant
la deuxième année.
Léo: "...Je ne
pense pas pouvoir changer quoi que ce soit au
problème de fond, pour le reste des choses dans
ma vie ça ne va pas si mal, ma foi ! J'ai
l'impression que le problème de fond c'est
comment je me sens en me levant le matin, ça
doit venir du premier moment où j'ai ouvert les
yeux, je suis tombé sur une sorte d'horreur".
L.A.D.: "...ou
plutôt du regard horrifié d'une autre sur vous
?"
Léo: "...Mais
j'ai peur de me souvenir de ça, il faudrait que
l'histoire soit reconstruite. L'horreur, il me
semble l'avoir ressentie dans mon corps".
L.A.D.:
",,,j'en conviens tout à fait et c'est avec
vos souvenirs corporels que nous pouvons la
reconstruire, cette histoire". Je lui
rappelle le contenu de la séance supplémentaire
le jour suivant son anniversaire de naissance.
Léo: "...Le
bébé avec des mitaines pour recouvrir les
griffes...? Pour moi c'est la preuve de ma
violence, de mon mauvais caractère, de la peur
et de l'horreur que les gens éprouvent devant le
chat sauvage que je suis. C'est aussi l'origine
du chien savant, c'est-à-dire de celui qui s'est
bardé de diplômes. Cet exploit a été source
d'admiration mais depuis, je me suis condamné à
performer afin de mériter quelque chose d'autre
qu'un regard d'horreur, de répulsion et de
désapprobation sur ma personne. C'est là-dedans
que je réalise que je suis comme elle".
L.A.D.:
"...Vous voulez dire que vous avez pris à
l'intérieur de vous le regard horrifié de votre
mère vous concernant, de même que ses attentes,
et l'attribuez à toute personne qui s'approche
de vous depuis, comme avec moi dans
l'analyse".
Léo: "...Si
vous le dites, c'est votre histoire sur ma vie.
Vous savez, la fiction à deux ce n'est pas mon
fort, il faudrait que moi je le pense. Vous
savez, d'éclairer le sens de mon caractère, de
mes attitudes et comportements actuels sur la
base de vieux souvenirs, je trouve ça absurde.
Avoir 40 ou 50 ans et découvrir que notre mère
ne nous a pas aimé ou mal aimé, je ne sais pas
comment vous dire, mais je trouve ça doublement
absurde. Je voudrais taire tout ça, réduire
tout ça au silence".
Ce n'est pas un
hasard que Léo se sente très interpellé, peu
de temps après la séance que j'ai relatée plus
haut, par un poème amérindien qu'il a lu dans
une revue dans ma salle d'attente. Il me cite de
mémoire le premier vers: "After you have
travelled, you enter a silence".
Léo: "...Entrer
dans un silence qui tairait les discours, les
théories, c'est une idée qui m'émeut beaucoup.
Pas le silence au sens où l'on ne parlerait
plus, pas la communication où l'on n'entendrait
pas, mais plutôt ce qui serait dit ou entendu à
partir du silence." Après la séance,
dans un geste inhabituel de spontanéité, il
revient avec la revue et m'indique la page où se
trouve le poème.
And
after a long time traveling/
You will enter a silence/
You will know it is winter/
By the way your dreams/
Tremble like stones/ when the
Wind comes /through
Depuis ce moment,
les séances étaient occasion de silence
beaucoup plus que de paroles associatives. De
l'avis de Léo, il fallait surtout réduire au
silence la pensée que le plein exercice de sa
colère, de sa rage et de sa violence lui est
essentiel, car mettre cette expression de
lui-même entre parenthèses c'est: "...se
retrouver comme un ver de terre à qui l'on a
sectionné une partie, c'est m'amputer de
moi-même". Pour lui, venir en analyse
c'était de plus en plus rencontrer un être
moche, violent, féroce: "...C'est mettre à
nu tout ce que je suis d'inacceptable, de sauvage
sous le regard de quelqu'un qui ne m'aime pas; de
ça j'en ai la ferme conviction. Ce que je suis
en réalité est un invariable, c'est-à-dire
n'être acceptable pour personne".
Paradoxalement, il me faisait comprendre qu'il
tenait malgré tout à cette identité négative.
Je me voyais aux
prises avec un patient qui était à nouveau
traumatisé narcissiquement par l'analyse et
l'analyste, comme dans le temps de la
pouponnière, et dont l'énergie libidinale
n'était pas employée au bénéfice du
narcissisme vital et des intérêts du Moi, mais
détournée au profit du narcissisme létal:
amour ou haine de soi dans l'accomplissement de
l'oeuvre analytique ? La situation m'a fait
songer à ces vers de Valéry:
Le
vrai rongeur, le ver irréfutable
...Il vit de vie, il ne me quitte plus
Amour peut-être ou de moi-même haine ?
Le cimetière marin
C'est ainsi qu'il
valait mieux la taire, cette haine, et la
déplacer sur l'analyse, sur le processus qui
exerçait sur lui tous les travers des pires
structures de pouvoir et de contrôle. Il a
résolu son dilemme en ne se présentant plus à
ses séances.
Je reçois, deux
jours après la séance à laquelle il ne s'est
pas présenté, une brève note avec le
règlement des honoraires pour le mois en cours.
La note se lit ainsi:
"Chère madame,
Je vous prie de
m'excuser d'être parti sans prévenir. Il me
semble préférable, réflexion faite,
d'interrompre mes séances plutôt que de les
prolonger inutilement.
Avec mes
remerciements."
Six mois plus tard,
j'ai relu la lettre suivante, dont je vous fais
part:
"Chère madame,
Depuis le moment où
j'ai cessé de vous voir, je n'ai fait que
travailler. Les engagements acceptés de plus ou
moins bon gré pour l'année en cours étaient
trop lourds; je me suis promis de ne plus
recommencer. Cette situation explique en partie
ma fuite: je devais m'absenter pour deux séjours
de trois à quatre jours et je voulais prendre
dix jours de vacances au printemps pour tenir
jusqu'à l'été. Tout cela aurait créé des
complications et déjà, je n'en pouvais plus. Le
matin où j'ai décidé de dormir jusqu'à huit
heures au lieu de courir chez vous, un poids m'a
été enlevé. Pendant plusieurs semaines, je me
suis senti libéré, presque euphorique. Après,
s'est fait jour le sentiment que j'étais
irrémédiablement seul, et j'en suis là,
peut-être là où il fallait en venir. Il pleut
sur les arbres de ma campagne et une nouvelle
étape de ma vie commence, au-delà de la crise
qui m'a jeté sur votre divan dans un dernier
sursaut, comme un poisson sur la grève. Crise du
corps et du coeur dans ses derniers
retranchements. Des chemins s'ouvrent...le désir
de faire la paix avec moi-même et avec les
autres, pourquoi pas avec vous aussi ? Je ne
souhaite pas vous oublier, vous ferez partie de
moi, pour le meilleur et pour le pire. Je renonce
à comprendre pourquoi nous avons lutté si
férocement. On aurait dit que le langage
n'était pas un pont entre nous, bien au
contraire, plus nous parlions, plus l'abîme se
creusait. J'ai eu sans cesse l'impression de ne
pas être compris de vous; pourtant je
m'efforçais de traduire mes pensées et
sentiments dans une langue inventée pour
l'occasion qui n'était ni tout à fait la mienne
ni tout à fait la vôtre et qui n'exprimait rien
de tout à fait vrai.
Est-il possible de
penser que nous ne sommes pas sourds-muets et
qu'une langue commune existe entre nous, qui nous
serait restée inaccessible ? Quelle serait cette
langue ? Je n'en sais rien, peut-être un
chant sans paroles. Je voudrais que vous
sachiez aussi que je ne regrette pas d'avoir tenu
deux ans; j'ai vu des choses, c'est cela que je
voulais: voir. Vous m'y avez aidé. Vous aviez
des théories et des explications dont je n'ai
pas fait grand usage et ce refus a pu être
pénible pour vous. Je me demande, en effet, ce
que vous avez ressenti de cette aventure mais
c'est une autre question qui restera sans
réponse.
Avec mes meilleurs
sentiments."
Ce que j'ai ressenti
de cette aventure ? Suite à l'interruption
abrupte de ce processus thérapeutique, même si
je n'étais pas dans un état d'impréparation,
car la rupture effective avait été sujet de
menaces réitérées, mon premier mouvement
affectif a été de soulagement. Soulagée de ne
plus être conviée à une analyse qui n'avait
jamais été à l'enseigne d'un processus
ronronnant mais bien du type chuintant avec
toutes griffes dehors. Soulagée de ne plus être
sous l'emprise de cet analysant féroce,
éprouvant, prêt à bondir sur chaque mot
proféré comme si c'était une proie à
déchiqueter, à dévorer. La veille des
séances, je commençais à me préparer
mentalement pour faire face et supporter le mieux
possible ce climat houleux et de tourmente. Cette
cure parsemée de confrontations, de heurts, de
boucliers levés commençait à me peser et
surtout me débordait en dehors des séances, ce
qui n'est pas mon expérience habituelle.
Ce que j'ai ressenti
de cette aventure ? Ce combat singulier, ce duel
sans merci avait exercé sur moi tout un poids de
violence paralysante. Avec la cure de Léo, je me
suis sentie interdite d'être, de penser et de
parler, du moins dans l'esprit de mon légitime
idéal du moi professionnel. J'ai douloureusement
ressenti que j'avais surévalué son versant
névrotique et que je devais abandonner l'espoir
de déboucher sur un mode d'implication mutuelle
où un travail symétrique d'élaboration, de
construction, de mise en liaison permet de
dégager les grandes lignes de la problématique
du sujet, à travers un processus où les
capacités créatives du clinicien et celles de
l'analysant sont mobilisées sans que la fonction
contenante du cadre soit mise en défaut. Au
contraire, Léo n'a eu cesse de faire ressortir
l'indigence, l'inopportunité et parfois la
nocivité de mes interprétations et de mes
constructions. Ses sorties agressives alternant
avec d'affreuses mélopées dépressives brodant
sur le thème de sa vie finie jusqu'à lui
conférer une stridence insupportable,
recouvraient un mouvement de maîtrise non pour
s'engager mais pour exercer un contrôle à
travers ce qu'il appréhendait de mes attentes.
La mise à jour des souvenirs corporels et les
associations éclairantes que Léo maniait avec
subtilité, les significations proposées n'ont
pu résulter d'un échange mutuel. Mes tentatives
pour faire varier ses positions ou pour susciter
une articulation ont été sans effet; mon
insistance n'a fait que traduire le caractère
intrusif de mes interventions, lequel a
entraîné l'expression d'un profond désarroi.
Cette situation n'a
fait que mobiliser les résistances, réactiver
le risque de dépossession, que faire ressurgir
des expressions pulsionnelles inaccessibles à
l'élaboration psychique. Une telle impasse a
été un fait traumatique pour les deux
partenaires de cette situation analytique.
Pourquoi a-t-il
quitté l'analyse? Pour paraphraser le titre du
livre de Marion Milner "On not being able to
paint", étais-je aux prises avec le dilemme
"of someone not being able to
beanalysed" et j'ajouterais "by
me" ou avec le "on not being able to
analyse"?
J'ai la triste
impression que la réponse, si tant est que l'on
puisse en énoncer une, se situe quelque part
entre ces deux propositions. Je ne puis
qu'émettre des hypothèses. La première qui me
vient à l'esprit c'est que la douleur
dépressive en solitaire a été préférée à
un changement perçu comme un insupportable
renoncement à un voeu d'autarcie narcissique
valorisée par lui depuis le début de sa vie.
C'est un patient dont le moi n'était qu'une
longue élaboration d'un deuil primaire survenu
avant toute possibilité d'organisation
dépressive. C'est ainsi que le passé continue
à peser sur le présent. Tout ce qui a blessé
reste blessant et l'impossible
recontextualisation par le biais d'une
perlaboration psychanalytique a obligé le
patient à la répétition transférielle de
l'identique du traumatisme quitte à prendre le
rôle du fils-analysant violent-violenté devant
une mère-analyste apeurée et horrifiée
conduite à faire des erreurs.
La résultante de
cette hypothèse c'est que, pour les individus
traumatophiles, il n'y a pas de deuil mais un
endeuillement solitaire et interminable, sans
fond ni limite. L'enfant procédant d'un tel
traumatisme a déjà un self se développant
selon des lignes de cristallisation
particulières, telles que déjà conçues par
Farbairn dans sa théorie de l'internalisation
d'un mauvais objet, où l'objectif est la mise
sous contrôle de l'effet négatif du mauvais
parent en captant les objets qui les dénient à
l'intérieur d'eux-mêmes. Ces enfants
traumatophiles établissent des lieux de
consignation intrapsychique pour contenir les
communications parentales troubles ou les
événements traumatiques, en attaquant les liens
entre ces contenus et leurs dérivés
pré-conscients. Cette liaison travaille à
dévitaliser la douleur de son sens en la
transformant en non-connaissance, conférant à
ces expériences internes des caractéristiques
de vide et de vacuité. La douleur psychique est
alors transformée en une expérience de vide. Il
n'est donc pas surprenant que ce type d'individus
soit traumatisé par les activités de liaison,
de connaissance et de mise en sens, exercées
dans la cure par le psychanalyste. Avec Léo, ce
qui devait faire du sens menait inévitablement
au malentendu.
Quelque appellation
que l'on puisse donner à un tel processus, ne
faudrait-il pas se demander si ce qui était au
coeur du problème de l'analyse n'avait rien à
voir avec un conflit inconscient capable d'être
interprété, mais était davantage l'indice
d'une constellation rebelle dans son essence au
déroulement d'une cure. Que tout s'est passé
comme si l'analyse avait trouvé un adversaire de
taille, plus puissant qu'elle; un adversaire qui
la tient en échec, la fameuse puissance
invincible du facteur quantitatif mis de l'avant
par Freud dans son texte de 1937. Faut-il se
rabattre avec pessimisme ici sur le biologique,
l'inné, donc sur l'analysable? Je ne le crois
pas.
Faut-il se résoudre
à accuser la pulsion de mort pour expliquer la
mise en déroute de l'instrument analytique? Il
est vrai que j'ai peu parlé de pulsion de mort
alors qu'elle était on ne peut plus au
rendez-vous. Léo est en fait l'exemple frappant
de "L'enfant mal accueilli et sa pulsion de
mort". Dans ce texte, Ferenczi stipule que
certains indices confirment que ces enfants ont
bien remarqué les signes conscients et
inconscients d'aversion, d'horreur ou
d'impatience de leur mère et que leur volonté
de vivre s'en est trouvée brisée. Des occasions
relativement minimes, au cours de la vie
ultérieure, suffiraient alors pour mouvoir et
susciter en eux les pulsions de destruction et la
volonté de mourir. Ferenczi dit s'être vu peu
à peu obligé de réduire la capacité de
travail analytique de ces patients. Une situation
s'est imposée: celle de laisser le patient faire
pendant quelque temps comme un enfant. C'est ici
je crois que ma contribution au départ de Léo
entre en jeu et qu'une réponse additionnelle
peut être apportée à la question: pourquoi
Léo a-t-il quitté l'analyse?
Malgré la vivacité
des explications mises en lumière jusqu'à
présent, la dernière hypothèse qui m'apparaît
importante et qui, à mon avis, a été
déterminante dans son départ, c'est que Léo a
été, pour moi, un analysant "mal accueilli
dans sa quête de l'informe".
Je dois admettre que
sa lettre sa lettre m'a surprise parce qu'elle
met en évidence que Léo a tiré des bénéfices
thérapeutiques sans pour autant avoir pu
supporter le processus analytique. Peut-être que
là était le problème de fond: lui voulait
voir, moi j'aspirais à plus pour lui, il me
frustrait de mon attente initiale. Nos projets
n'avaient pas la même ampleur et de ce fait
n'étaient pas sur la même longueur d'onde. Moi,
j'aurais souhaité manier
"l'après-coup" pour libérer Léo de
son passé en lui conférant des significations
nouvelles, en montrant que l'entrave peut être
réutilisée, le poids mort mobilisé, le
sentiment de fatalité dissipé, grâce à
l'apport dynamique d'un effort d'anticipation
imaginaire. Il ne nous a pas donné le loisir,
dans le présent de la séance et de la cure, de
remodeler telle ou telle période du passé.
Comme pour Christian David: "...Cette action
croisée de l,anticipation prospective et du
remodelage rétrospectif entre dans mes
aspirations d'analyste".
Aurait-il fallu ne
rien attendre, consentir à ne pas soulager,
renoncer à mon idéal d'intelligibilité,
accepter de me laisser ligoter par la mécanique
impalpable du travail du négatif, terriblement
corrosif à l,égard de mon désir et de mon
idéal de construction? Sans doute. Aurait-il
fallu que je sois plus patiente? Sans aucun
doute. Aurait-il fallu que je reste piégée dans
le jeu du transfert paradoxal, dans la relation
d'emprise qui m'était proposée, sans
interpréter? Il n'y a pas de doute dans mon
esprit. Qui plus est, il aurait fallu que mes
capacités créatives se trouvent orientées
autrement.
Le versant
névrotique de la pathologie limite de Léo
n'était qu'un leurre et je n'ai pas su le
réaliser assez tôt pour accorder une place plus
importante à l'étayage, à l'appui narcissique,
aux fonctions de parexcitation, cela en
mobilisant les moyens pour soutenir mes propres
activités mentales afin de ne pas trop accentuer
la dissymétrie entre mon mode de pensée et
d'expression et celui de Léo. J'aurais dû mieux
écouter et surtout entendre ce qu'il cherchait
à me dire dans "...c'est votre histoire,
(...) il faudrait que moi je le pense...".
Il aurait fallu que j'adopte une attitude de
recherche, d'interrogation afin de soutenir un
mouvement symétrique chez Léo, la dissymétrie
n'avait servi qu'à un renforcement des
défenses. Les matériaux apportés par Léo, en
particulier, dans la séance-anniversaire ont
été traités trop formellement par moi. Par
là, je veux dire que je n'ai pas recueilli
l'informe, je l'ai reçu et perçu comme un
fantasme déjà constitué ou comme un fantasme
à construire trop rapidement.
En rétrospective,
dans l'approche de ce type de matériaux on doit
mieux respecter leur mode d'émergence sous la
forme de traces, de fragments disjoints,
d'affects en mal de représentation qui évoquent
la pensée du rêve dans l'instant fugace du
réveil où elle n'a pas encore été mise en
langage. Que l'on se souvienne bien de
l'association de mon patient qui disait que le
problème...doit venir du premier moment où
j'ai ouvert les yeux.
Qu'on se rappelle
aussi les propos de Léo sur le silence, sur le
type de communication qu'il aurait fallu
trouver,...le chant sans parole.
Comme l'écrit
Misès: "...Ce matériel semble plus ouvert
à une expression sous forme poétique qu'à une
saisie dans un discours maîtrisé; on a le
sentiment qu'en fixant ces émergeances par la
parole, on en réduit la polysémie potentielle,
on limite la multiplicité des significations
qu'elles détiennent d'être justement
ineffables: le psychanalyste est touché par ces
expressions coupées des connexions qui en
préciseraient le sens, il est mobilisé par là
dans ses capacités créatives
personnelles". L'effet de séduction que ce
type de matériel a exercé sur mon appareil
psychique m'a conduite à trop analyser et
surtout trop rapidement.
On peut maintenant
mieux saisir toutes les implications de la
demande que Winnicott adressait aux
psychanalystes d'éviter de "gonfler l,aire
de l'informe en y injectant des interprétations
qui ne seraient en réalité que le produit de
leur propre imagination créatrice". Cette
mise en garde trouve son complément dans
l'invitation bien connue de Bion à développer,
du côté du fauteuil, notre capacité d'oublier,
la possibilité d,éviter le désir, de sacrifier
même plaisir et déplaisir, besoin de
compréhension et d'aide. Ce dont il est question
ici, c'est de l'accomplissement opportun du
désir d'irreprésentation. Faire droit au désir
d'irreprésentation c'est tenter de toucher
l'impensé et s'ouvrir à la créativité
primaire. Or, qu'est-ce que cette créativité?
Selon la formule de Pontalis, c'est: "...la
nostalgie d'un immédiat effaçant l'écart
nécessairement introduit par la représentation
(...) sinon la capacité de produire des formes
à partir de l'aire de l'informe".
En dernière
analyse, je m,aperçois que je n'ai pas su
laisser Léo faire comme un enfant, tel que le
suggère Ferenczi, ni jouer assez longtemps,
comme un enfant, avec lui, dans l'aire de
l'informe, tel que le conseille Winnicott.
Métier impossible?
Non. Métier difficile? Certes. Métier difficile
parce que c'est un art du "bricolage"
qui ne pourra jamais se fonder sur une technique
qui ne serait pas affectée par l'irrégularité
du fonctionnement psychique de l'analyste, tant
dans la séance que dans la vie. L'analyse est
bel et bien un "exercice de l'impasse"
qui nous met en présence de notre incurable
désir de mobiliser le développement psychique.
Le problème c'est que nous atteignons cet
objectif avec plus ou moins de bonheur selon les
cas.
RÉFÉRENCES
(
selon l'ordre dans le texte )
CIORAN, E.M.
(1951), Précis de décomposition,
Gallimard, Paris.
DAVID, C.
(1992), La bisexualité psychique,
pp.129-130, Payot, Paris
WINNICOTT,
D.W. (1956), Clinical Varieties of
Transference, in: Collected papers: Through
Pediatrics to Psychoanalysis, 1958, pp. 295-299,
Basic Books, New-York.
SEARLES, H.
(1959a), The effort to drive the other person
crazy, In: Collected papers on Shizophrenia
and Related Subjects, 1965, pp. 254-283, Int.
Univ. Press, New-York.
ROSENFIELD,
H. (1971), A clinical approach to the
psychoanalytic theory of the life and death
instincts: an ivestigation into the aggresive
aspects of narcissism, Int. L.J. PsychoAnal.,
pp.52,169-178.
FERENCZI, S.
(1929), L'enfant mal accueilli et sa pulsion
de mort, In: Oeuvres Complètes IV,
1927-1933, Payot 1982, Paris.
DAVID, C.,
op.cit. p. 281.
MISÈS, R.
(1992), Les pathologies limites de l'enfance,
p. 38, PUF, Paris.
WINNICOTT,
D.W. (1975), Jeu et réalité, L'espace
potentiel, Gallimard, Paris.
PONTALIS,
J.B. (1975), Trouver, accueillir, reconnaître
l'absent, Préface in Winnicott, D.W. Jeu
et réalité.
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