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Invité
spécial : René Kaës
psychanalyste,
professeur émérite
à l’Université
Lumière-Lyon2
ARGUMENT
À
l’occasion de son 20e
anniversaire, l’APPQ a
choisi de mettre à l’avant-scène
sa nature même, qu’elle
partage avec la structure familiale,
soit, la « groupalité
» dans toutes ses dimensions
: externe et interne, réelle
et fantasmatique. Notre invité,
René Kaës, nous
est apparu comme la personne
toute désignée
pour faire voguer notre réflexion,
à partir du groupe, vers
une nouvelle théorie
du sujet qu’il élabore
dans ses œuvres avec rigueur
et passion : celle d’un
sujet singulier-pluriel, inséparablement
intra- et inter-subjectif.
S’il est courant de penser
aux nombreux groupes dont nous
faisons partie dans le plaisir
des identifications, des sentiments
d’appartenance et aussi
parfois dans la douleur de la
désidéalisation,
il est moins habituel de questionner
les groupes qui nous habitent
: ceux qui logent et vivent
en nous depuis le début
de nos vies, et même avant,
et qui, telles nos familles,
façonnent notre psyché
et déterminent notre
aptitude à nous poser
comme sujets.
Le fondateur de la psychanalyse
a bien reconnu l’apport
essentiel, dans la construction
de la psyché, des figures
parentales et, assez tardivement
dans son œuvre et sur un
mode plutôt spéculatif,
des instances sociales et des
groupes. La métapsychologie
classique s’est toutefois
construite à partir d’une
attention soutenue portée
avant tout à l’individu
s’inscrivant dans le triangle
œdipien, aux prises avec
les conflits inséparables
de cette inscription plus ou
moins heureuse ou réussie.
Cette construction théorique
a mené à une conception
confinant l’« âme
» et l’inconscient
à l’intérieur
des frontières de l’individu
se débattant avec sa
survie et avec son sexe.
Depuis, des développements
assez récents de la psychanalyse
contestent plus ou moins ouvertement
cette conception individualiste.
Toute la « psychologie
des relations d’objet
» se fait fort de démontrer,
que « seul, on n’est
rien » et qu’il
est futile de prétendre
traiter des problèmes
psychiques en faisant l’économie
d’une attention portée
sur les relations réelles
et fantasmées des individus
avec leur entourage présent
et passé. La plupart
de ces « psychologies
» divergent toutefois
des postulats psychanalytiques
de base, en particulier en ce
qui a trait au sexuel, et s’en
tiennent à un niveau
de théorisation relativement
peu élaborée.
René Kaës, quant
à lui, loin de rompre
avec les thèses fondamentales
de la psychanalyse, développe
dans ses écrits et dans
ses exposés une vision
qu’il présente
comme une suite et une extension
logiques de la métapsychologie
et de la clinique psychanalytiques.
Un des pivots de son œuvre
est la thèse du soutien
groupal du psychisme, en parallèle
avec l’étayage
au corps. Cet étayage
au groupe consiste en la reprise
dans le psychisme de l’incontournable
expérience humaine de
la condition groupale. Le groupe
présente, médiatise
et représente les fonctions
sociales nécessaires
à la vie, à commencer
par le langage et la parole.
À travers fantasmes et
identifications, c’est
le groupe qui inscrit la structure
même du sujet dans un
champ collectif et intergénérationnel,
comme en témoigne la
qualité « polyphonique
» du rêve, dont
l’ombilic repose toujours
sur de l’intersubjectif
…
Les présentations de
M. Kaës expliciteront certains
aspects de la vie en - et de
- groupe ouvrant en particulier
sur les « alliances inconscientes
» à la base du
sujet en tant que pluriel et
fondant toute transmission intergénérationnelle,
y inclus celle qui a cours dans
des groupes de « psy ».
Ces présentations seront
commentées et illustrées
par des cliniciens membres et
collaborateurs de l’APPQ.
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